Aéroport de Dzaoudzi, Mayotte

7 08 2008

Pour tous les Mahorais, l’aéroport de Petite Terre symbolise le départ en vacances ou l’accueil de la famille et des amis. Pourtant, peu en connaissent le fonctionnement. En coulisses, les différents services de l’Etat coopèrent pour toujours plus de sûreté. Présentation des missions de chacun.

En 2007, 240 000 passagers ont foulé le tarmac de l’aéroport de Dzaoudzi, sur Petite Terre. Si la piste longue n’est encore qu’à l’état de projet, l’aéroport continue de connaître une forte croissance, entre 11 et 13% chaque année.

La particularité de ce petit l’aéroport est qu’il est détenu et géré par l’Etat. Les investissements sont donc publics et devraient permettre prochainement la construction d’une nouvelle aérogare de 11 000m². En 2007, l’aéroport de Dzaoudzi a tout de même coûté à l’Etat environ 1 500 000€. D’habitude, ce sont des acteurs du privé comme les chambres de commerce et d’industrie qui exploitent les aéroports. C’est pourquoi « le projet de piste longue ne peut se faire qu’en sortant de ce système », assure Lionel Dutartre, directeur de l’aéroport.

L’exploitation de l’aéroport est du ressort de la direction générale de l’aviation civile (DGAC). Cette dernière est représentée par une trentaine de personnes qui collaborent avec les gendarmes, les pompiers, les policiers, les douaniers et le personnel de Mayotte Air Service, la seule société privée.

Les compagnies aériennes desservant Mayotte

Cinq compagnies se partagent les faveurs des contrôleurs aériens : Air Austral, la plus importante, Comores Aviation qui assure notamment l’éloignement des étrangers en situation irrégulière, Air Madagascar, Corsair Fly, Kenya Airways qui transporte les étudiants. Sans compter de petites compagnies comme Inter Iles. Elles atterrissent sur une piste longue de 1930 mètres sur 45 de large.

Mais pour redécoller en direct avec des gros-porteurs, « il faudrait une piste de 2600 mètres », explique Lionel Dutartre. Il note : « Le nombre de passagers augmente malgré l’absence d’une nouvelle piste. Si on avait une ligne directe, il faudrait la remplir. Et aujourd’hui, le trafic n’est pas suffisant… »

Des patrouilles de gendarmes aléatoires

Parmi les acteurs de l’Etat présents sur l’aéroport, il y a la gendarmerie. Depuis début juillet, ce sont quatre gendarmes permanents et deux gendarmes mobiles qui assurent la sûreté de leur zone réservée. Ils ont notamment pour mission de s’assurer que tout porteur d’un badge circule bien dans sa zone. A chaque lettre sa zone. A pour avion. B pour bagages. F pour fret et P pour passagers.

Ce sésame -qui contribue à une meilleure sécurité de l’aéroport- est délivré par la DGAC après une enquête de moralité. Cela fait un an et demi que le système est en place. « Avant, il y avait plus d’accès non contrôlés. Même s’il reste encore beaucoup de choses à faire, on progresse tous les jours », assure l’adjudant Petitjean.

Les gendarmes surveillent également les grillages, les clôtures. Et font quatre patrouilles par jour… comme une seule. Pour ne pas donner d’indications à d’éventuels curieux.

Pour l’adjudant Petitjean, aucun doute : « C’est un aéroport en devenir. Il y a plein de choses à mettre en place et nous sommes tous là pour faire avancer le projet. » Le MDL/C Bretin ajoute : « La coopération entre tous les services de l’Etat présents sur l’aéroport est permanente car sinon ça ne marche pas… »

Le contrôle des passagers, mission de la PAF

Autre acteur important : la police aux frontières (PAF). Ils sont 25 à s’occuper des contrôles des voyageurs à l’arrivée et au départ. « Nous gérons également le stationnement et le parking », explique Roland Boyce, chef de l’aéroport au niveau PAF. C’est aussi eux qui ont en charge les missions de reconduites à la frontière. En moyenne, une dizaine de « vols PAF », pouvant emmener trente clandestins, a lieu chaque semaine avec Comores Aviation.

Aux arrivées et aux départs, il n’y a que deux guichets. « Ca fait un peu bouchon quand les avions sont pleins », reconnaît Roland Boyce. Les voyageurs présentent une carte d’identité ou un passeport qui sont ensuite passés au lecteur optique pour vérifier qu’ils ne sont pas inscrits au fichier des personnes recherchées. « Et s’ils apparaissent, nous les interpellons. » Roland Boyce explique : « Cette semaine, nous avons eu trois faux documents. Souvent, ce sont des grands comoriens qui tentent de gagner la métropole. »

Si les voyageurs passent avec succès le contrôle de la PAF, ils vont ensuite récupérer leurs bagages. Leur reste enfin une dernière étape : la douane.

« L’énorme majorité des gens n’a rien à se reprocher »

Au choix, deux files : « rien à déclarer » et « marchandises à déclarer ». Jean Paul Souvielle, chef de la surveillance douanière à l’aéroport, reconnaît : « Pratiquement jamais personne n’emprunte la file rouge, celle où les gens ont quelque chose à déclarer. » Le service des douanes contrôle les voyageurs et s’occupe aussi des opérations de dédouanement. Les douaniers contrôlent les droits de taxes, s’assurent que les voyageurs ne transportent pas des stupéfiants, des végétaux, des espèces protégées… La lutte contre la contrefaçon est également une composante non négligeable de leur travail.

« Un peu d’expérience, un peu de flair et un peu de chance » permettent aux douaniers de faire de bonnes prises. Un contrôle dure au maximum cinq minutes, sauf si il y a un problème. Treize agents répartis par équipe de quatre, cinq contrôlent « au maximum une quinzaine de personnes sur un gros porteur qui peut en contenir 350 ». La raison : « Les passagers sortent tous en même temps et on ne peut pas se permettre de les bloquer. Donc quand le banc de contrôle est plein, on évite de sélectionner d’autres voyageurs et de les faire attendre… », assure Jean-Paul Souvielle.

Les douaniers contrôlent environ 100 à 150 personnes par jour. Ils assurent aussi le contrôle de sûreté des bagages soute grâce à deux appareils à rayons X. Le plus souvent, ce sont des coraux et des coquillages, interdits de quitter le territoire mahorais, qui sont découverts dans les valises.

Reste qu’à l’arrivée, après quinze heures de vol, se faire contrôler par un douanier n’est jamais très agréable. Mais Jean-Paul Souvielle l’assure : « On part du principe que l’énorme majorité des gens n’a rien à se reprocher… »

Mélinda Trochu

Article paru dans LeMahorais.com



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Une réponse

5 02 2009
MITHRA

Bonjour,
Pourriez-vous m’informer s’il existe un vol reliant Mayotte à Zanzibar ?
Merci de votre compréhension

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