Un climat décisif pour les récoltes

22 04 2008

Inondations, sécheresses… Le climat se dérègle et toute l’agriculture mondiale en pâtit.

Depuis six ans, la sécheresse en Australie perturbe les Aussies, mais surtout l’équilibre céréalier mondial. Même s’il y a « toujours eu des sécheresses en Australie, là les experts s’interrogent », explique Bernard Seguin, responsable de la mission « changement climatique et effet de serre » à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). « Personne ne sait si cet épisode va durer. On sait juste que les températures vont continuer d’augmenter en Australie. »

S’il n’est pas encore avéré que l’amplification des épisodes extrêmes (tornades, inondations, sécheresses) est liée au réchauffement planétaire, on sait que le climat a un rôle décisif sur l’agriculture mondiale. « La diminution instantanée de la production agricole est en grande partie liée aux accidents climatiques » assure Bernard Seguin. Pour lui, « ils sont peut-être le facteur déclenchant des émeutes de la faim. »

Les conséquences du dérèglement climatique sur la production agricole sont difficiles à prévoir. L’ONU estime que l’Afrique sub-saharienne pourrait perdre 33% de sa production de céréales d’ici 2060. La pêche et l’aquaculture, qui font vivre des centaines de millions de travailleurs, sont elles aussi menacées. « Les régions littorales, dont les deltas, vont être touchées alors que ce sont des zones à fort potentiel agricole », explique Hervé Le Treut, climatologue au Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS. En Europe, il faut s’attendre à ce que « tout le tour du bassin méditerranéen devienne plus sec. »

Des exploitations devraient également disparaître du fait de l’épuisement et de la dégradation des nappes phréatiques, et de la hausse du niveau des océans. « Les agriculteurs ont déjà commencé à s’adapter. Ils ont par exemple avancé les dates de semis printaniers », assure Nadine Brisson, de l’INRA. Mais, « il y aura des baisses de rendement plus fortes dans certaines régions, comme les milieux tropicaux. »

Pour s’adapter à ces changements, Hervé Le Treut conseille de « choisir des cultures plus robustes », plus tolérantes à la sécheresse ou aux inondations. Il faudra aussi diversifier les espèces et prendre en compte les migrations climatiques des pestes. L’enjeu majeur sera de produire plus de nourriture avec moins d’eau : aujourd’hui 70% des prélèvements d’eau dans le monde sont consacrés à l’agriculture.

Mélinda Trochu


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Une réponse

2 05 2009
villerot elodie

merci d avance m aime si se n est pas se que l on recherche

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