Inondations, sécheresses… Le climat se dérègle et toute l’agriculture mondiale en pâtit.
Depuis six ans, la sécheresse en Australie perturbe les Aussies, mais surtout l’équilibre céréalier mondial. Même s’il y a « toujours eu des sécheresses en Australie, là les experts s’interrogent », explique Bernard Seguin, responsable de la mission « changement climatique et effet de serre » à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). « Personne ne sait si cet épisode va durer. On sait juste que les températures vont continuer d’augmenter en Australie. »
S’il n’est pas encore avéré que l’amplification des épisodes extrêmes (tornades, inondations, sécheresses) est liée au réchauffement planétaire, on sait que le climat a un rôle décisif sur l’agriculture mondiale. « La diminution instantanée de la production agricole est en grande partie liée aux accidents climatiques » assure Bernard Seguin. Pour lui, « ils sont peut-être le facteur déclenchant des émeutes de la faim. »
Les conséquences du dérèglement climatique sur la production agricole sont difficiles à prévoir. L’ONU estime que l’Afrique sub-saharienne pourrait perdre 33% de sa production de céréales d’ici 2060. La pêche et l’aquaculture, qui font vivre des centaines de millions de travailleurs, sont elles aussi menacées. « Les régions littorales, dont les deltas, vont être touchées alors que ce sont des zones à fort potentiel agricole », explique Hervé Le Treut, climatologue au Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS. En Europe, il faut s’attendre à ce que « tout le tour du bassin méditerranéen devienne plus sec. »
Des exploitations devraient également disparaître du fait de l’épuisement et de la dégradation des nappes phréatiques, et de la hausse du niveau des océans. « Les agriculteurs ont déjà commencé à s’adapter. Ils ont par exemple avancé les dates de semis printaniers », assure Nadine Brisson, de l’INRA. Mais, « il y aura des baisses de rendement plus fortes dans certaines régions, comme les milieux tropicaux. »
Pour s’adapter à ces changements, Hervé Le Treut conseille de « choisir des cultures plus robustes », plus tolérantes à la sécheresse ou aux inondations. Il faudra aussi diversifier les espèces et prendre en compte les migrations climatiques des pestes. L’enjeu majeur sera de produire plus de nourriture avec moins d’eau : aujourd’hui 70% des prélèvements d’eau dans le monde sont consacrés à l’agriculture.
merci d avance m aime si se n est pas se que l on recherche