C’est un mémorial de stèles blanches le long d’une promenade paysagère. Les noms des journalistes tués dans l’exercice de leur fonction depuis 1944 y sont gravés par centaines. Les familles qui n’ont pu récupérer le corps de leur proche peuvent venir s’y recueillir.
Ce lieu est à Bayeux, en Normandie. On y entre par un petit portail. Sur une grande pierre, les mots de Simone de Beauvoir: “Se vouloir libre, c’est aussi vouloir les autres libres.”
Le mémorial a été inauguré le 7 octobre 2006, lors de la 13e édition du Prix-Bayeux Calvados des correspondants de guerre. Etaients présents des journalistes, des familles… dont les épouses de Patrick Bourrat et Jean Dominique. Une cérémonie pleine d’émotions.
Pour découvrir ce prix Bayeux qui a accueilli pour la première fois en octobre 2007 un membre du gouvernement (Rama Yade), voici un reportage fait par des étudiants du CFJ.
La 15e édition du Prix se déroulera du 6 au 11 octobre 2008.
Dans le cadre du CFJ, j’ai tenu un blog sur la possible réunification de la Normandie. On ne sait jamais, si cela vous intéresse, cliquez sur la bannière
” Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. “
John McWilliam, un scientifique anglais, est propriétaire de L’Aunay Cidre, une petite exploitation à Sainte-Marguerite-de-Carrouges (Orne), acquise en 1987. Cet homme discret, féru d’arbres fruitiers, ne s’est fixé dans sa ferme normande qu’en 2002, après de nombreux voyages humanitaires.
« Quand je suis arrivé, j’ai dû parler français car personne ne me parlait en anglais » se rappelle John Mc William en souriant. A l’âge de 17 ans, il a découvert la Normandie en tant que bûcheron. Lors de sa première venue, en 1973, il a rencontré celui qui allait devenir son « plus vieil ami » avec qui il vient de fêter Noël. Sa ferme, étendue sur treize hectares, est perdue à Sainte-Marguerite-de-Carrouges, dans l’Orne. Né à Singapour en 1954, John Mc William y vit entouré de ses pommiers avec sa femme Lynn et ses trois enfants, tous nés en France : Justine, Patrick et Jeanne.
De 1975 à 2002, il a travaillé comme scientifique et humanitaire dans plusieurs pays : Ghana, Sierra Leone, Thaïlande, Malaisie, Papouasie-Nouvelle-Guinée… C’est dans ce dernier qu’il a rencontré Lynn, sa future femme. Originaire de Vancouver, elle était alors volontaire pour le CUSO (Canadian University Service Overseas). Lui s’occupait de plantations de cacao pour le gouvernement britannique.
Tous deux, avec leurs enfants, ont participé à plusieurs missions en Asie et en Afrique dans le but d’aider « les personnes à gagner de l’argent par elles mêmes ». De petites tables en formes d’éléphants et des armoires typiques dans le salon trahissent leur passé sur le continent africain. Elles ont été faites sur mesure au Ghana, où la famille a vécu pendant sept ans.
John Mc William has a little cider mill in Sainte-Marguerite-de-Carrouges, in Normandy. From 1975 to 2002, he worked in several countries in Asia and Africa. First as a scientist, then to help people make their own money.
His dream was to become “a scientist, an inventor or an explorer.” John McWilliam, 57 years old, is a British scientist born in Singapore who married his Canadian wife in Thailand, fell in love with Ghana and is now the head of a little cider mill in Normandy.
He came to France for the first time in 1973 to work as a lumberjack near Alençon. “I wanted to do something manual and physical” he explains. After that, from 1975 to 2002, he worked overseas for the British or the German government. At the beginning, with a scholarship given by the British government, he worked as a scientist specialized on acid soils for three years. “The first time I worked in Thailand was in an area with very acidic soils. They had to control it extremely carefully using water control measures.”
But he wanted to act more. He decided to work for the Commonwealth Development Corporation: “ A very little known but extremely powerful organization which deals with development, energy, agriculture…” For him, it had been the beginning of another life and the end of research “much more limiting.” He says: “Research can give an answer to a lot of questions but without the political will and power to put this in operation, nothing will happen.”
John Mc William worked in Malaysia, Indonesia, Thailand, Papua and New Guinea, Ghana and Sierra Leone to help the local inhabitants develop their own small plantations and to be able to grow and develop their own cocoa crops. In Ghana, he spent seven years in the Volta region in forestry reserves to try to stop illegal timber cutting. He also tried to stabilize the fertility of the soils. “The main emphasize for me has been to help people to be able to make money” he said with a broad smile. But from Ghana, news from his friends doesn’t sound very good: “I don’t say it is all lost, people have learned things, but the stability of the system is under threat.”